NOS BATONNIERS

1) Le premier Bâtonnier du Barreau d'Abidjan a été Maître Louis VIGOUROUX, originaire de la région de Lyon.
Maître Louis VIGOUROUX était le Doyen des Avocats défenseurs d'Abidjan quand le Barreau a été créé, et ses nouveaux Confrères, à l'unanimité ont fait de lui leur Bâtonnier.

Il avait commencé sa carrière à Cotonou, et s'était fait une réputation assez étendue, pour qu'un groupe d'importants commerçants Libanais de Côte d'Ivoire l'ai appelé à Abidjan pour régler, pour leur compte, un important dossier concernant le statut des traitants.

Sa mission accomplie, il a été prié par ses clients de rester en Côte d'Ivoire.

Il s'est donc installé de façon définitive à Abidjan et y a en effet constitué une clientèle importante embrassant tous les milieux. Homme de grande intelligence et de grande culture, peut-être froid et réservé, mais scrupuleusement correct, il ne faisait l'objet d'aucune appréciation péjorative et jouissait du respect et de la considération de ses Confrères.

C'est donc sous sa conduite que le Barreau a fait ses premiers pas, écrit son premier règlement intérieur, et commencé à fonctionner comme un Ordre constitué et indépendant.

Son Bâtonnat s'est terminé immédiatement après la proclamation de l'indépendance en 1960, quand il a pris sa retraite et définitivement quitté la Côte d'Ivoire.

Il est décédé en France une dizaine d'année après.

2) Maître Lucien YAPOBI a succédé à Maître VIGOUROUX
Maître Lucien YAPOBI se trouvait alors le plus ancien des Avocats d'origine ivoirienne, en exercice en Côte d'Ivoire (Maître KOUAME BINZEME qui paraît avoir été le premier ivoirien à exercer la profession d'Avocat, l'a exercée en France, jusqu'au moment où, vers 1970, il a, sur l'insistance du Gouvernement Ivoirien, demandé son inscription au Barreau d'Abidjan).

Maître YAPOBI ne faisait pas partie des plus anciens du Barreau, mais déjà se posait quelque peu le problème de l'origine ivoirienne, et il l'a fait valoir.

Ses Confrères se sont inclinés, mais son mandat n'a pas été bien long, puisque peu après son élection, il a été appelé à siéger à la Cour Suprême où il est resté jusqu'à sa retraite.

3) Maître Armand JOSSE a succédé à Maître YAPOBI

Il était d'origine Normande, fils d'un Sénateur Français de Normandie.

Il était venu vivre et travailler en Côte d'Ivoire dans la Région de Sassandra, comme planteur et même un peu forestier. L'on raconte qu'un soir de réjouissance bien arrosée il s'est retrouvé en compagnie de Maître DEFFERRE, Avocat défenseur (père de Monsieur Gaston DEFFERRE, Homme Politique Français).

Ayant bien bu, Maître DEFFERRE a défié JOSSE de pouvoir exercer la profession d'Avocat et JOSSE a relevé le pari.

Il est ainsi devenu Avocat défenseur et a succédé à Maître DEFFERRE qui se retirait.

Il a été le représentant déterminé des tenants de la Colonisation.

En cette qualité, il monopolisait la plus large part de la clientèle des sociétés commerciales et des milieux Européens.

Dans les dernières années de la Colonisation, il a été Conseiller de la République représentant le Premier Collège, puis Sénateur de la Côte d'Ivoire, et député à l'Assemblée Nationale Ivoirienne.

Sa carrière s'est terminée de façon dramatique quand, en 1963, il a été expulsé manu militari de Côte d'Ivoire, sous l'accusation d'avoir participé au complot de l'époque.

Il a exercé quelques années à Paris, puis est décédé.

C'était un homme agréable dont le comportement dans le corps des Avocats défenseurs ne faisait l'objet d'aucun reproche.

Ses prises de position très colonialistes, dans les procès politiques de l'époque, avaient cependant suscité des inimitiés individuelles et même des brouilles avec ceux qui avaient pris le parti de soutenir le mouvement d'émancipation. Il n'était pas ce qu'il est convenu d'appeler un grand Juriste, mais sa très forte assurance et la conviction qu'il avait que ce n'était pas forcément devant les Tribunaux qu'il défendait principalement sa clientèle, l'ont grandement favorisé.

4) Maître Jean REVEILLE a succédé à Maître JOSSE

Maître Jean REVEILLE est arrivé en Côte d'Ivoire vers 1954, déjà âgé d'une cinquantaine d'années.

Il avait fait toute sa carrière en Indochine et l'avait terminée comme Bâtonnier de Saigon.
Son intelligence et son talent étaient remarquables et il avait, par conséquent, acquis auprès des milieux capitalistes d'Indochine un très grand crédit, relayé par ses relations personnelles avec les Directions Générales Parisiennes.

Les événements d'Indochine l'ont obligé à s'installer en Côte d'Ivoire, qui avait quelque chose à voir avec les sociétés indochinoises ? .
Les filiales ivoiriennes t qui, notamment, appartenaient au même groupe financier, sont immédiatement devenues ses clientes.

Maître REVEILLE n'est resté Bâtonnier à Abidjan que quelques mois car son élection a été un hommage que les Avocats Ivoiriens ont tenu à lui rendre, alors que, âgé de plus de 60 ans et fatigué, il s'apprêtait à quitter la Côte d'Ivoire.

Après son départ il a exercé un ou deux ans en France avant de décéder.

5) Maître René CLARAC a succédé à Maître REVEILLE

D'origine Antillaise, Maître René CLARAC avait exercé à la Martinique la profession d'Avoué. Il avait, après avoir abandonné cette fonction, et avoir vécu en France pour tenter de réaliser ses ambitions littéraires, abouti en Côte d'Ivoire à la fin des années 1940.

A la faveur des procès qui se développaient contre le Rassemblement Démocratique Africain (RDA) et du fait que les Avocats défenseurs, déjà installés, hésitaient à prendre la défense des accusés, il s'est trouvé dans le peloton d'Avocats d'Afrique ou de France qui ont eu cette charge.

Il avait un talent d'Avocat pénaliste qui lui a permis de réussir remarquablement.

Les procès terminés, il a dû payer son indépendance.
Il n'a pas eu accès à la clientèle coloniale et son Cabinet a décliné.

Ce déclin s'était amorcé quand il a été élu Bâtonnier.

Il est décédé à Abidjan.

6) Maître Maurice CARLTON a succédé à Maître CLARAC

D'origine Antillaise, Maître Maurice CARLTON avait commencé sa carrière à Dakar puis avait fait transférer sa résidence d'Avocat défenseur de Dakar à Abidjan, en 1952 ou une année plus tard.

Homme d'un caractère serein et raisonnable, compagnon agréable et Confrère de grande loyauté, il avait acquis au sein du Barreau la considération qui, tout naturellement, l'a conduit à la fonction de Bâtonnier.

Il souffrait déjà du mal qui allait lui faire perdre totalement la vue.

Il a enduré son malheur avec un courage et une sérénité qui forçaient l'admiration et lui ont valu, jusqu'à son décès, le respect et la compassion de ses Confrères.

7) Maître Pierre PRUDENT a succédé à Maître CARLTON

Maître Pierre PRUDENT a commencé sa vie comme Agent de la BIAO et a servi à Dakar.

C'est là qu'il a quitté la Banque pour devenir stagiaire (on disait alors secrétaire d'Avocat défenseur) au Cabinet de Maître SANCHEZ CALZADILLA.

Son stage de deux ans terminé, il a rejoint Abidjan comme Avocat défenseur en titre.

Après quelque temps d'exercice solitaire, il est devenu l'Associé de Maître VIGOUROUX, mais s'en est séparé en 1954 ou 1955 pour ouvrir, à nouveau, son propre Cabinet.

Intelligent, travailleur et accrocheur, il a fort bien réussi.

Cependant, peu après l'achèvement de son mandat de Bâtonnier, il a quitté la Côte d'Ivoire pour des raisons familiales, cédant ses intérêts à Maître MARIANI et s'est installé comme Avocat à LONS LE SAULNIER dans son Jura natal.

Après quelques années d'exercice dans cette nouvelle résidence, il a démissionné et pris sa retraite d'Avocat.

Il vit encore près de LONS LE SAULNIER.

8) Maître Georges GENTHON a succédé à Maître PRUDENT

Maître Georges GENTHON était un ancien Avoué Français, installé dans la Région de BEAUVAIS, grand joueur de rugby, qui avait quitté sa charge en France pour venir s'installer à Abidjan vers 1953.

C'était un Avocat qui plaidait souvent pour les Compagnies d'Assurances et la Régie des chemins de fer, dite Régie Abidjan Niger (RAN). était un homme d'une grande simplicité et d'une grande honnêteté.

Aussi ses Confrères ont trouvé naturel que pour la fin de sa carrière, il soit porté à la tête de l'Ordre. Peu après la fin de son mandat, il a pris sa retraite et quitté la Côte d'Ivoire.

Il est décédé à la fin des années 80 près de Lyon où il avait une propriété.

9) Maître Charles DOGUE a succédé à Maître GENTHON

Originaire de la Martinique, il est arrivé à Dakar en janvier 1949 et a exercé la profession de Magistrat successivement à Dakar, Kayes, Bamako, Puis a rejoint la Côte d'Ivoire en novembre 1951. Il a servi jusqu'à la fin de l'année 1951 au Tribunal de Bouaké puis a été appelé au Tribunal de Grand-Bassam en qualité de Substitut.

Il y est resté jusqu'à sa démission de la Magistrature en 1954.

Il a été alors nommé Avocat défenseur avec résidence à Abidjan.

Il a été d'abord l'Associé de Maître CLARAC pendant un an, puis est devenu Associé de Maître VIGOUROUX, et l'est resté jusqu'en 1960 où Maître VOGOUROUX a pris sa retraite.

Il a exercé jusqu'en 1975 où il s'est associé avec Maître ELGHOZI, association à laquelle Maître OUANGUI, puis Maître ABBE YAO, après leur stage au Cabinet, vont être intégrés.

L'association a été rompue a la fin de l'année 1994, Maître DOGUE et Maître ABBE YAO restant seuls associées, jusqu'en 2003, date de l'association de Maître Seydou ZERBO.


Maître DOGUE a accédé au Bâtonnat pour son premier mandat en 1973.

Ce mandat a été renouvelé jusqu'à 1977.

Maître Charles DOGUE était un excellent juriste, reconnu comme tel par la totalité de ses Confrères. Il était également un homme d'une grande culture, d'une courtoisie et d'une capacité d'écoute sans pareilles.

A son décès en 2004, ses associés décidèrent de transformer leur association en Société Civile Professionnelle, afin de pouvoir lui rendre hommage en conservant son nom dans leur dénomination.

10) Maître Camille ADAM a succédé à Maître DOGUE

Maitre Camille ADAM a été de la première vague de jeunes ivoiriens qui ont été envoyés en France pour y faire leurs études.

Il est revenu en Côte d'Ivoire licencié en droit et a été nommé Juge de Paix à compétence restreinte de Tabou, puis Juge de Paix à compétence étendu de Dimbokro.

Il a quitté alors la magistrature et s'est fait nommer Avocat défenseur.

Il a accédé ensuite au Barreau où il a été considéré comme un bon Confrère, homme de conviction et de courage, bien que de caractère parfois tumultueux.

En 1958, il a opté franchement pour l'indépendance immédiate et a obtenu à Abidjan en tout cas, une certaine audience assez tumultueuse pour inquiéter.

Il a été bientôt invité à quitter le territoire national et est resté aux frontières, notamment en Guinée pendant ses années d'exil.

Il est revenu après la proclamation de l'indépendance en 1960 et a repris sa place au Barreau, sans cesser d'être un caractère indépendant.

11) Maître Jean KONAN-BANNY a succédé à Maître Camille ADAM

Maître Jean KONAN-BANNY aussi a été du premier groupe de jeunes ivoiriens envoyés en France pour y faire leurs études.
A son retour, il est entré comme Secrétaire d'Avocat défenseur au Cabinet de Maître HAMACIRE N'DOURE installé à Daloa.

A la fin de ce stage, il a ouvert son Cabinet et a accédé au Barreau à la création de celui-ci.

Confrère irréprochable, Juriste et orateur remarquable, il a toujours joui de la considération et de la sympathie de ses Confrères.

Il a été ensuite appelé à des fonctions ministérielles puis accusé d'avoir participé au complot de l'époque, ce qui lui a valu une condamnation à mort et un long emprisonnement.

Gracié et libéré, il a repris sa profession d'Avocat et a été appelé par ses Confrères à la Direction de l'Ordre. Peu après la fin de son mandat il a été de nouveau appelé à des fonctions ministérielles.

Il ne reprendra plus l'exercice professionnel tout en restant très attentif au destin, de l'Ordre et très proche de ses Confrères.

Avec Maître KONAN BANNY s'est clos, la série des Bâtonniers qui ont été Avocats défenseurs et qui ont été inscrits au Barreau près la Cour d'Appel, d'Abidjan dès la création de celui-ci.

Les Bâtonniers suivants ont une ancienneté bien moindre dans l'exercice de la profession.

Ce qui est naturel puisque les jeunes Ivoiriens, qui les premiers sont entrés dans la profession, ont été inscrits au tableau du stage en 1974.

Ces « jeunes » Bâtonniers seront :

12- Maître KACOU Maurice, ancien Magistrat, qui a été associé de Maître KONAN-BANNY et a repris le Cabinet après le départ de celui-ci ;

13) Maître Julien MONDON-KONAN qui a commencé sa carrière dans l'Administration puis a racheté le Cabinet de Maître TREPTOW qui avait lui-même succédé à Maître JOSSE ;

14) Maître DERVAIN, d'origine Antillaise mais de Nationalité Ivoirienne par mariage a servi d'abord dans la magistrature puis s'est fait inscrire au Barreau ;

15-Maître Amadou FADIKA ;

16- Maître ASSAMOA Gabriel ;

17- Maître GABY KOUASSI Charles ;

18- Maître N'GOUIN CLAIH Lucien ;

19- Maître TANOH KOUADIO Emmanuel ;

20- Maître N'GATTA ESSY ;

21- Maître ADJE KACOU Luc;

22- Maître Claude MENTENON ;

23-Maître Louis METAN ;

24-Maître Emmanuel ASSI ;

25- Maître KONE Mamadou ;

26- Maître Joachim BILE-AKA.